Que dire du travail de Kiki Smith, qu’il vous touche à l’endroit précis où votre enfance a décidé de s’installer un petit nid douillet et pernicieux, bâtit-là pour longtemps, puisqu’il ne vous quittera plus jamais. Il y a de la magie et du merveilleux derrière tout ce qu’elle touche, et les images des contes que l’on nous a contés
si souvent, la fourrure de quelques animaux qui ont hanté et hantent peut-être parfois encore nos nuit. Il y a une histoire de chaperon qui n’en finirait pas de courir après un loup. Des poils et cheveux humains qui tissent en s’y mêlant une couverture de rêve. Des corps fragiles de papier, et aussi de cires, prêt à s’évanouir à l’approche de toute chaleur humaine. Il y a quelques objets abandonnés mais toujours si bien rangés. Il y a le sexe toujours présent, organes mis à nu, farandoles de spermatozoïdes de cristal, poussières d’étoiles sur un ciel de mur éclatées. Il y a la vie et la mort, mis bout à bout et en cercle, histoire sans fond et sans fin de notre petite humanité.
Que dire de cet incroyable bric-à-brac, de ce bazar de corps et d’âme qui nous affleure plus qu’il ne nous convoque. C’est un peu comme se glisser lentement dans une peau qui ne serait pas la nôtre mais qui nous est proche et si chère que l’on voudrait s'en faire un manteau d’éternité. C’est aussi un peu comme repartir à zéro, réapprendre à regarder, à nouveau s’émerveiller.
Que dire de cette belle, toujours à l’affût de sa bête, que c’est une magicienne puisqu’elle nous donne à voir et à toucher la vie.
Rétrospective KIKI SMITH
Au Whitney Museum 945 Madison Avenue at 75th Street. New-York
16 novembre 2006 – 11 février 2007 www.whitney.org

il y a ce texte qui, par ces mots si bien choisis a déja su me chambouler dedans...et irrémédiablement m'intéresser au travail de cette artiste qui, j'en suis sûre, me touchera
Rédigé par : zaelle | 07 février 2007 à 20:14