Dans notre rubrique "TALENT", nous souhaitons vous faire découvrir des artistes qui ont su nous interpeller, que ce soit par leurs oeuvres ou leur personnalité, qu'ils soient déjà bien connus, un peu connus voire pas connus du tout.
Il y a peu, nous vous présentions des oeuvres de Claude LIEBER. Celui-ci lève le voile sur les techniques employées :
"J’utilise, comme supports des toiles, mais aussi des cartons usagés qui généralement ont servi à protéger le sol de mon atelier. Ce qui m’intéresse, ce sont les multiples traces qui les maculent : taches de peinture, éclaboussures d’encre, traces de pas…
Je choisis ensuite les divers éléments que je vais intégrer à ma composition. Je trie parmi les vieux papiers, les lettres jaunies, les photos anciennes, les pages de livres ou de magazines, les réclames d’un autre temps ou d’un autre continent, que je chine régulièrement aux puces ou qu’il m’arrive parfois de récupérer dans des décharges. Je modifie souvent leur aspect en les trempant dans de l’eau ou de l’encre, en les délavant à l’eau de Javel, en les recouvrant de peinture…
Soit je choisis mon format au préalable, soit c’est la taille des éléments qui déterminent la dimension de ma composition. Je découpe alors un de mes cartons au format que j’ai choisi.
Vient ensuite l’étape cruciale du collage.
Ce qui visuellement m’intéresse dans cette technique, ce sont les superpositions, les effets de transparence, les dégradés de couleurs…
J’utilise une colle particulière, la colle de peau (à base de poisson) qui a la particularité de rester bien lisse et de former, quand elle sèche, une fine pellicule qui, en plus de protéger les éléments, les fond et en uniformise la couleur.
Enfin, je retravaille mon collage avec des encres ou de la peinture (huile, acrylique) que j’applique au pochoir, en aplat ou en tampon, avec des lettres d’imprimerie par exemple.
Pour moi, l’empreinte est une signature, la mienne, mais aussi et surtout une marque d’identité, une trace ineffaçable, une strate de mémoire, un moyen d’exorciser la disparition et l’oubli. Visuellement, ce thème est très présent dans mon travail, car les stries de l’empreinte rappellent celles de l’arbre, figurant ainsi la succession des années, bref, la mémoire."